Sporting Cyclo Manissieux


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2014 Bx-Paris, 24h Insa

RESULTATS > Ultra distance

Bordeaux-Paris Challenge

31 mai-1 juin 2014

610 km, 4000 d+

412 coureurs classés

Dominique termine à la 10ème place au scratch et la 3ème place de sa caté en 20h24min (30.3 km/h) à 38 min du vainqueur.
Joël termine 57ème en 21h33 (28.6 km/h) après être resté avec la tête pendant plus de la moitiée de la course.

CR de Dominique:

Depuis 2009, l'année au cours de laquelle j'ai participéàla RAAM, je n'ai plus participé à des courses d'ultra distance. Une question est présente à mon esprit samedi matin au départ de Bordeaux-Paris: suis-je encore à la hauteur d'un tel événement ?
Arnaud Manzanini, créateur du Team France Cyclisme Ultra Distance, Khélifa Gamra et son ami corse José Bartoli m'accompagnent. Nous sommes assistés par Julie la compagne de Khelly et Brahim, son papa. Pour eux, c'est le baptême du feu et ils ne sont pas gâtés de débuter dans ces conditions, car c'est compliqué de ravitailler 4 coureurs à la fois.
10h c'est parti! Il fait beau, mais il souffle un petit vent du nord qui nous accompagnera jusqu'à Saint-Quentin en Yvelines. L'allure est soutenue mais pas infernale. Elle va même faiblir assez rapidement car personne n'est motivé pour rouler à fond. J'en profite pour m'échapper entre le 2ème et 3ème contrôle. Je suis en compagnie d'un autre coureur et nous rentrons sur un autre qui était à l'avant. Tous les 3, nous arrivons à l'Isle Jourdan avec 2 mn d'avance sur le peloton. A la sortie du ravitaillement, nous ne sommes plus que deux et assez rapidement nous sommes rejoints par le peloton. Je vais effectuer 3 autres échappées, mais aucune n'aboutira. Dans la nuit, profitant de l'abri d'une moto ouvreuse, un groupe d'un dizaine de coureurs va se dégager alors qu'il y a déjà un concurrent échappé qui lui ira au bout et remportera l'épreuve. Une fois cet épisode passé, je me retrouve encore à mener le groupe. Mais à un moment où pour une fois je suis derrière à discuter, 3 coureurs accélèrent. Le temps de réagir il est trop tard pour moi. Seul Arnaud au prix d'un prodigieux effort recolle. A l'arrivée il me dira qu'un des protagonistes (on apprendra plus tard qu'il s'agissait de Franck Pencolé un ancien coureur professionnel) roulera comme un malade. La sanction est impitoyable, avec mes 4 compagnons nous prenons une ½ heure en 80 km. Je termine 4ème au général et 1er de la catégorie, José et Khelly respectivement 11ème et 12ème. Pour ma part, je suis 10ème et 3ème de la catégorie. J'ai donc la réponse à ma question du départ. Oui, je suis encore performant sur ce genre d'épreuve. A confirmer sur le Raid Provence Exrème.


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24h de l'INSA

Samedi 24-dimanche 25 mai 2014
Circuit de 2.41 km à parcourir autant de fois possible sur 24h.

Equipe les Fondus de Manissieux composée de :
Thierry Martel, Jean-Paul Bouvard et Sébastien Arthaud

Résultat

1ère Equipe: Les tas de plâtres (3 élites Pro): 887 km, 368 tours soient 36.92 km/h
2ème Equipe: Etoile Cycliste Duquesne Oullins: 865 km, 359 tours soient 36.02 km/h
3ème Equipe: Les Fondus de Manissieux: 862 km, 358 tours soient 35.92 km/h
4ème Equipe: Saint Vulbas Vélo Sport: 850 km, 353 tours soient 35.42 km/h
5ème Equipe: Team des Dombes, 838 km, 348 tours soient 34.92 km/h



Compte rendu de Sébastien

Nous sommes arrivés tôt sur le circuit afin d'avoir une place de choix pour poser nos tentes. L'expérience de Jean-Paul qui n'en n'est pas à son premier 24h de l'INSA est payante: nous sommes juste en face du village coureurs où sont localisés inscriptions, infos résultats en temps réel, point de massage 24h/24, douches. Nous prenons le temps de nous installer, de nous inscrire puis restons 2 heures tranquilles. 13h nous nous préparons et allons reconnaitre le circuit tracé dans le campus de La Doua. Parcours de 2.41 km entièrement plat mais avec 8 virages en angles droits qui nécessiteront de vives relances et useront les organismes.
Stratégie des relais: commencer par des relais de 30 min car le départ devrait être rapide, puis des relais de 1h puis 1h30 la nuit afin que nous ayons 3h de repos puis 1h au petit matin et finir avec 30 minutes.
Départ 14h10 après un tour d'honneur derrière Monsieur le Maire de Villeurbanne.

Relai 1, 14h10-14h40:
Selon le planning préétabli, c'est moi qui assure le premier relais. Comme prévu, ça part à bloc. Je suis à fond dès le départ et m'efforce de suivre les premiers qui assurent un gros train. Mon cardio ne descend pas en dessous de 185, les relances sont violentes et je sprint à chaque fois pour recoller aux roues. Je me dis qu'il reste 23h50 de course... Après 4 tours nous ne sommes plus qu'une poignée de coureurs.
Au bout de 20 minutes, sur une relance, je suis en 5ème position et le coureur qui me précède laisse un trou. Je sais que c’est cuit… Je vois partir 3 coureurs. Malgré un gros effort, impossible pour moi de recoller, je suis au maximum. Je peste un bon coup, me ressaisies et je fini mes 10 dernières minutes à fond et laisse mon relai à Thierry avec le regret de ne pas avoir pu suivre les premiers.
39 kmh de moyenne à mon compteur.

Relai 2, 15h40-16h10:
Mon second relai est également rapide et intense, je m'efforce de suivre le relayeur de l'équipe de tête qui a déjà 2 tours d'avance, il roule à 40 kmh de moyenne sur le circuit, il est au dessus du lot et n'a aucune difficulté à nous distancer.
38.7 kmh de moyenne à mon Garmin après 1 heure de vélo.

Relai 3, 17h10-18h10:
Ça roule toujours à un rythme soutenu mais tout va bien pour le moment. Je me découvre un peu moins afin de me préserver pour la suite.
38kmh à la fin de mes 2h de vélo.

Relai 4, 20h10-21h10:
Ça ne se calme toujours pas, le coureur en tête mène un train toujours aussi soutenu. Son équipe tente de battre le record (38 kmh sur 24h). Jusqu'à présent, je ne m'étais pas intéressé au classement car ce n'était pas l'objectif. Mais nous sommes actuellement 3èmes et il y a peut être un coup à jouer.
37.6 kmh après 3h de vélo à mon compteur.

Relai 5, 23h10-0h40:
Je me suis endormi quelques minutes pendant mon repos qui précède. Je peine à me préparer et à remonter sur le vélo, c’est dur, JP m’avais prévenu, mais le moral est intact. J'ai froid et je grelotte au départ de ma prise de relai. Jean-Paul me passe son relai dans un groupe, je n'ai pas mal aux jambes et celles-ci répondent bien alors je pars à bloc sans me poser de question et distance de suite le groupe. Je me fais rattraper par le relayeur de l’équipe de tête qui fait cavalier seul et je ne lâche plus sa roue, j'arrive même à l'aider et lui prendre des relais (un demi-tour à rouler devant et un tour pour m’en remettre…) et ça à l’air de lui convenir car il ne me flingue pas. Ça me convient aussi. Nous sommes tous les 2 pendant près de 40 minutes et nous rattrapons le groupe de costauds où se trouve le coureur de l'équipe deuxième du classement, nous n'avons plus qu'1 tour de retard sur elle.
Mon compteur affiche 37.6 kmh à la fin de mes 4h30 de vélo.

Relai 6, 3h40-5h10:
Cette fois ci j'ai décidé de ne pas m'endormir. Après une bonne douche et m'être bien alimenté, je suis resté 2 heures bien au chaud dans mon duvet sous la tente à me reposer. Je ne me suis pas refroidi et cette fois je n'ai pas trop de peine à remonter sur le vélo contrairement au relai précédent.
Je prends mon relai à Jean-Paul sans échauffement. Je suis surpris d’être aussi bien sur mon vélo. Je reste dans le groupe des favoris, sauf le relayeur de l'équipe de tête qui lui fait toujours cavalier seul. Au bout de 15 minutes, celui-ci nous rattrape et nous laisse sur place dans la «» relance !!!! Personne ne réagit alors je sprint et prend sa roue immédiatement et suis le seul à l'accrocher. Je me dis que je suis parti pour un relai de galère, on verra bien jusqu’où je tiens.... Il ne cherche pas à me lâcher, il roule fort mais ses relances ne sont pas violentes. Je me focalise sur sa roue arrière dans le noir sans pouvoir passer le moindre relai... mais j'arrive à le suivre.
En moins d'une heure, à ma grande surprise, nous mettons un tour au groupe dans lequel je me trouvais. J'ai comblé le retard que nous avions et sommes passés seconds au classement. Je remercie le coureur de m'avoir aidé à combler notre retard, il me répond indirectement que s'était sa façon de me remercier d'avoir aidé son pote le relai d'avant, j'ai apprécié... C'est à ce moment là que j'apprends que lui et ses 2 compères sont professionnels dans une équipe continentale asiatique. Ceci explique cela. Je laisse le relai à Thierry qui assurera notre seconde place.
Après 6 heures de vélo, j'ai 37,6 kmh de moyenne.

Relai 7
, 8h10-9h10:
Je prends le relai de JP qui a crevé et tente le tout pour le tout pour récupérer notre seconde place et rattraper le tour que nous avons concédé sur cette crevaison. Je flingue d'entrée. Je suis encore bien mais pas assez fort pour assumer seul la reprise de notre tour manquant. J'espère avoir l'aide du premier. Seulement voilà, ils sont "cuits" (du moins moralement…) et ont abandonné l'idée du record de l'épreuve et se contentent de finir dans les roues. Après 4 attaques, le coureur de l'équipe deuxième qui ne roule pas non plus revient à chaque fois dans ma roue. C'est fini, je suis verrouillé. Plus personne ne veut rouler. L'équipe de tête fini tranquille car elle a 10 tours d'avance et l'équipe seconde se contente de nous contrôler sans passer le moindre relai. Alors je décide de maintenir un train à 35-37 et roule seul devant pendant une dizaine de tours jusqu'à la fin de mon relai, juste pour me faire plaisir, aller jusqu'au bout de mes capacités pour notre équipe et nous maintenir une belle moyenne de course.
Après 7 heures sur mon vélo, mon Garmin affiche 37.4 kmh.

Relai 8, 11h00-11h40
Après 2 tours dans les roues, je lâche tout ce qu'il me reste dans toutes les relances, mais je ne suis pas assez incisif, le deuxième du classement qui ne roule plus garde ses forces pour venir me chercher à chaque fois. Pas grave, ça les use et leur passe l’envie d’attaquer mes copains. La fin de ce relai est le même scénario que mon relai 7, c'est moi qui impose le rythme.
Moyenne après 7h40 de vélo: 37.1 kmh.

Relai 9, 12h40-13h10
Il est temps pour moi que ça se termine car je suis bien entamé. Bizarrement, je n’ai pas mal aux jambes mais je sens l’énergie qui manque, et le cardio qui ne veut plus monter. Après 2-3 tours tranquilles, je roule devant à mon rythme puis passe mon relai à Thierry.
Au final, j'ai 305 km (126 tours) en 8h15 et 36,9 kmh de moyenne. Je suis heureux et satisfait, j'ai donné tout ce que j'avais.

C'est Jean-Paul, initiateur de ce projet, qui passe la ligne d'arrivée, non sans certains frissons, sous les acclamations de la foule.
Nous avons parcouru 862.8 km en 24 heures soient 358 tours et une moyenne de 35.92 kmh. Nous nous classons troisièmes à un tour des seconds (Etoile Cycliste Duquesne Oullins) et 10 tours des premiers (dont Sébastien Jullien, Simon Buttner, Elites à la BAC et professionnels en équipe continentale pro). Les quatrièmes (St Vulbas Vélo Sport) sont à 5 tours derrières nous et les 5èmes (Team des Dombes) à 10 tours. C'est bien au delà de ce que nous nous étions imaginé.

A l'arrivé, c'est une superbe satisfaction pour nous trois. Je suis fier d'avoir partagé ces 24h avec Jean-Paul et Thierry qui ont vraiment assuré. Notre entente fut idéale, les prises de relai furent parfaites et nous avons pu gérer nos légers soucis techniques. Pas de chute malgré quelques frayeurs dans certains virages pour Thierry et moi, ni de casse matériel, ni de défaillance pour nous trois. Cette première expérience un peu folle fut un grand succès et notre podium est la cerise sur le gâteau.
Merci à nos supporters d’un jourEric, Joël, Gabriel, Patrick, Marc (dans le noir lol), et bien sûr Dominique. Nous n’étions peut-être pas très expressifs lors de votre visite mais sachez que votre présence nous a vraiment fait chaud au cœur. Mes enfants criant au bord de la route, mon épouse venant me soutenir au petit matin en sortant du boulot ont également été une grande satisfaction et une motivation supplémentaire. Merci pour tous vos encouragements et compliments.

Seb au départ en tenue banalisée. Petite erreur tactique, nous aurions dû les mettre à la fin de l'épreuve !!!

Départ en trombes. Seb est à fond !!!! Devant ça ne rigole pas...

Seb passe le relai à Thierry

Thierry mène devant le futur vainqueur solo (un sacré client !!!)

Les copains sont venu nous rendre visite et JP se prépare.

Thierry se prépare à son tour.

JP dans la roue du vainqueur solo.

C'est fini. Le podium nous attend !!!!

Compte rendu de Jean-Paul

Depuis plusieurs mois nous tournions autour de l’idée de nous inscrire à cet évènement grand par sa taille mais très facile à réaliser car à 2 pas de nos domiciles. Pas de risque de se perdre dans la pampa ou de se retrouver avec de la neige à 2500 m d’altitude.
Sébastien, finalement le plus motivé d’entre nous a cliqué pour nous inscrire et nous pousser en avant.
Je sais que dans ce type d’évènement, si on souhaite s’installer confortablement pour dormir, il y a beaucoup de choses à préparer – tentes matelas pneumatiques sacs de couchage, tables chaises glacière pour le ravito solide et liquide, matériels classiques liés au vélo mais aussi les éclairages avant et arrières fiables, solides et durables. Plusieurs tenues de vélo en fonction de la météo (apéros pour les copains, barbecues tonnelles … mince on a oublié çà…)
C’est un peu tout ce côté matériel qui est long à gérer.
Nous avons réalisé un début de saison très correct avec finalement peu de coupures.
Nous avons réalisé nos sorties longues grâce à Dominique, Roger, Arnaud M le copain à Dominique qui a réalisé la RAAM l’an passé – on en reparlera car lui aussi était inscrit aux 24h. Ils nous ont poussés dans nos retranchements dans ces sorties, mais je pense qu’elles ont été très utiles.
Il faudrait peut-être réaliser du fractionné de façon régulière car les 24 h de l’INSA, c’est de l’endurance au global mais c’est surtout du fractionné très très intense aux moments décisifs.
Je ne vais pas faire un résumé aussi chronologique que Sébastien – en lisant son compte rendu on se croit vraiment au cœur du pelotonJe vais essayer d’en faire une description plus intuitive.
Rassuré par la présence de Sébastien et de Thierry, tous les 2 coureurs expérimentés et performants, je n’avais plus qu’à être à la hauteur.
Préalablement à la course, nous avons réfléchi à la stratégie – comment se positionner le mieux possible en fonction de notre niveau – comment gagner des places – mais surtout comment ne pas trop en perdre – une erreur de relai, une erreur de trajectoire, un incident matériel fait perdre en une seconde le fruit de plusieurs heures d’efforts - comment aussi ne pas en faire trop (rouler à 37km /h au début si on n’en vaut que 36 km/h se traduit à la fin par des relais à 26km/h… ) L’effort accompli au début est perdu 10 fois – utilisation de maillots banalisés au début pour ne pas se faire repérer (en fait c’est à la fin que l’on aurait dû les utiliser … Enfin on a beaucoup réfléchi, on n’a pas toujours eu raison, mais c’était passionnant. Nous avions déjà calculé que si nous perdions un tour – Seb mettrai 45 minutes à 60 minutes à le reprendre
Nous avions trouvé l’endroit du campement idéal – l’endroit des relais – réfléchi sur la durée des relais – sans être sûr de rien au final…
Apres avoir installé notre campement – moment de convivialité pour un repas en camping avec une météo idéale.
Petite sieste d’une heure avant de reconnaître le circuit et c’est parti, sans angoisse sur le déroulé.
Je sais que dans les premières heures les bonnes équipes flinguent tout de suite pour prendre 1, 2 ou plusieurs tours d’avance.
Un fois ces tours pris, il suffit de rester en peloton pour conserver l’avance.
Je sais aussi que sur les 24 h de l’INSA il n’y a qu’un bon groupe sur le circuit – c’est le groupe ou on retrouve les 5 à 8 équipes capables de suivre le rythme infernal quelques fois ou supportables et efficaces le reste du temps au cours de la nuit et au moment où la pression est retombée.
Cette année ce bon groupe est un peu perturbé par cette «équipe pro» qui démarre quand elle veut et plante tout le monde.
Départ donné, je vois que Sébastien est tout de suite positionné dans le groupe des 12 premiers– presque en tête, je me dis que je l’ai emmené sur une compétition trop facile pour luiIl va être déçu s’il est seul en tête pendant toute la course– je vais changer rapidement d’avis….
Très rapidement ce groupe se réduit à 6
Mais je commence à voir sur son visage des couleurs qui ne lui sont pas habituelles- connaissant
sa détermination et sa résistance, je me dis que çà doit être vraiment dur. - Le 200 pulsations ne doit pas être loin.
Lâcher par plus fort que soi ce n’est pas grave dans ce genre d’épreuve – il faut essayer d’assurer la meilleure place en fonction de son potentiel et rester actif et réactif jusqu’au bout sans défaillance.
Pour ce qui concerne mes 2 premiers relais de 30 minutesje suis resté autant que j’ai pu avec le bon groupe et le pro, mais j’ai rapidement jugé de la situation – dès qu’il nous avait pris un tour, il se reposait quelques tours avec nous – repos entre 35 et 40 km/h et démarrait quand il voulait et où il voulait. Je crois que dans la première période ou cette équipe pensait encore au recordpersonne d’entre nous ne pouvait suivre ce relayeur. A part Sebastien et peut être un des équipiers de notre équipe adverse qui finira 2.
Pour moi, l’adversaire n’était pas cette équipe très au-dessus de nous. Nous devions nous en servir au mieux possible comme alliée pour augmenter notre moyenne et nous devions rester dans les 5 premiers. L’adversaire, c’était ces 4 autres équipes comparables à la nôtre et nous même par nos éventuelles erreurs.
Puis en consultant les classements nous fumes classés rapidement dans les 5 premiers pour être 2nd exæquo à la 6ème heure après corrections des erreurs de détection (merci Joel qui en regardant de plus près le nombre de tours réalisés à permis de faire rectifier les tours manquant non détectés.)
Ce classement sera encore conservé un peu avant de perdre un tour ou deux.
Sébastien réussira à nous remettre en selle pour une seconde place exæquo au cours de la nuit.
Thierry me transmettra aussi souvent que possible le relai dans ce bon groupe – je lui en suis reconnaissant – je les ai bassiné au préalable avec le relai à transmettre dans le bon groupe
Lors du début de la nuit, je me suis retrouvé dans la même situation que Sébastien – rattrapé par la meilleure équipe alors qu’elle était encore en cavale pour le record, j’ai tenu 2 tours dans la roue dans un effort extrême – à un moment il m’a demandé gentiment de relayer un peu même sur une distance courte pour l’aider – je savais que je n’en avais pas les moyens mais je l’ai fait quand même car il ne faisait rien pour me lâcher – il cherchais juste à prendre un tour au bon groupe que nous avions distancé – j’ai tout de même pris le relai pour ne pas trop jouer les sangsues – lorsqu’il est repassé devant les jambes ont brulé, début de contractures ou crampes, le carburant et l’oxygène n’arrivaient plus en quantité suffisante …. En 500m il m’avait pris peut être 80m sans effort apparent. Retour dans le groupe de notre niveau en espérant qu’une contre-attaque au mauvais moment ne me décroche pas
A partir de ce moment-là, je me suis dit que personnellement je ne pouvais pas faire gagner de place à l’équipe – il fallait assurer intelligemment pour s’accrocher à la 2nde place exæquo à laquelle nous étions – viser la 2nde place mais ne pas prendre de risque pour ne pas perdre la 3ème et le podium que nous n’osions pas imaginé avant la course.
Nous avions programmé des relais de 1h30 la nuit – cette durée un peu longue à mon initiative a surpris un peupour moi, il n’y a pas d’avantages à faire un relai de 90 minutes pour le coureur – l’avantage est pour ceux qui sont au repos – en effet, avec 2 fois 3 heures de pause au cours de la nuit il est possible de rester coucher 2 heures et de dormir éventuellement 1 bonne heure – c’est ce que j’ai réussi à faire 2 fois de suite m’endormir vraiment et rester très frais jusqu’à la fin – ceci m’a permis aussi de reprendre un début de semaine de travail très chargé sans complication et sans fatigue importante.
Au cours de l’après-midi et la première partie de la nuit, nous avons été très heureux de voir arrivé Joël qui est venu nous voir – très sympas et décontracté nous avons parlé de son futur Bordeaux Paris, et très observateur il nous a aidé à faire corriger les tours manquants (pour nous et pour d’autres d’ailleurs).
Puis Patrick et Gabriel sont venus nous apporter leur soutien.
Eric nous a apporté une belle brioche – sur le moment, avec le cardio à 180 nous n’en avions pas vraiment envie de sa briocheMais le lendemain matin, avec la pression un peu retombée et le classement déjà bien dessiné ce fut un délice
J’ai entendu des encouragements dans la nuit – je pense que c’était Marc M mais je ‘ai pas reconnu la voix sur le moment.
Dominique est passé également nous voir et juger de l’évènement, nous apporter ses conseils…
Il est revenu également le lendemain et était présent au moment de la remise des prix.
Je pense que l’épreuve est faite pour lui, mais en solitaire avec une ou 2 équipes de Manissieux pour assurer des relais et de la protection et un camp de base bien organisé pour les ravitos volants.
En effet au cours de cette période, je me suis aussi beaucoup intéressé au classement du premier des solos. C’est le copain de Dominique: Arnaud M, celui qui a fait la RAAM l’an passé et qui nous a accompagnés dans nos 2 grandes sorties de cette année.
Arnaud M, avec l’aide de son équipe de club, mais surtout par une condition physique exceptionnelle, à un sens du placement impeccable (toujours dans la bonne roue, jamais devant – sauf s’il faut relancer très fort pour se replacer a réussi à nous tenir en respect pendant 14h30 de course
C'est-à-dire que tout seul sur son vélo, en se faisant ravitailler au vol en gourdes en en musettes préparées à l’avance a réussi à tenir au même rythme que nous trois alors que nous avions déjà fait 15 relais soit 5 chacun puis un de plus pour SEB. Surtout que vu son gabarit, le parcours ne doit pas être vraiment fait pour lui. Et bien au bout de 14h30 de course il était à égalité avec nous
Franchement, je me disais que ce n’était pas possible, il était toujours à l’aise pour boire et manger alors que nous étions presque chaque fois au moins une partie du relai à l’agonie.
Il nous est alors apparu plus humain, il a disparu du circuit, j’ai appris un peu plus tard qu’il avait fait une hypoglycémie et il a été obligé de s’arrêter pour dormir. Je pense que cette défaillance est due aux caractéristiques du circuit – sur les 8 virages il y a 5 relances très violentes dont une en équerre fermée suivi d’une petite montée – c'est-à-dire que 5 fois par distance de 2.41 km, il faut se mettre debout sur les pédales et quelques soient les sensations et le chiffre annoncé sur le cardio, il faut recoller le plus vite possible au groupe pour se faire protéger les quelques centaines de mètres suivants.
Sur un circuit plus harmonieux, il aurait pu tenir probablement 24h au même rythme et nous tenir en respect.
Vint alors mon relai de 6h40 à 8h10 – le jour se lève il fait frais mais rien de méchant par rapport à une éventuelle averse.
Thierry me passe alors le relai dans le bon groupe, c’est le schéma idéal – se laisser glisser à bonne allure bien protégé – relancer, se protéger- freiner – rester attentif – relancer – boire – freiner – surveiller les coureurs – qui va bien– qui en fait trop– qui ne fait rienNe pas perdre trop de vitesse dans les virages, mais ne pas prendre trop de risques.. . Eviter les trous ici, éviter la bouche d’égout là, rester sur le bitume roulant lè bas si possible, doubler les autres groupes dans la ligne droite, mais pas dans le virage, manger quelque chose de temps en temps mais à cette heure-là le sucré ne passe pas bien. – prendre un petit relai d’un tiers de tour de temps en temps pour montrer sa bonne volonté et que tous en fasse de même.
Peut-être à mi-parcours de ce relai, je sens ma roue arrière se dégonfler, je ne montre rien tout de suite car nous sommes 2 à égalité et mon adversaire est juste derrière moi – heureusement je ne suis pas loin de nos tentes, Sébastien est déjà sur son transat en observation, l’œil ouvert, prêt à intervenir heureusement. Lorsque je dis au dernier moment «crevaison !!!», en moins de 2 minutes, il démonte la roue arrière de son vélo de rechange et la positionne sur mon vélo – je repars alors avec 2 minutes de retard sur le bon groupe – ou à peine plus de 1 minute 50 d’avance selon le sens ou on voit les choses. Si je suis le chasseur ou le chassé.
Seul, j’aurais attendu de me faire rattraper, mais il y a Seb et Thierry – j’essaye de maintenir ma position, mais seul contre le groupe de 6 dont le pro – je ne me fais pas d’illusions – j’hésite mais je roule quand même car je me dis que tant que l’on n’est pas rattrapé, peut être que SEB et Thierry pourront faire quelque chose …
Alliance de circonstance avec 3 attardés de bonne volonté – ils arrivent à prendre quelques minces relais – je fais durer le suspens – Seb qui voit l’écart fondre me dit de relâcher – ce que je fais en les voyant tout de même se rapprocher – notre adversaire qui se laissait tirer et ne prenait que des relais de pure forme s’était mis à collaborer de façon très active pour finir de prendre un tour.
Qu’aurions nous fait à sa place ?
Très déçu pour l’équipe, je passe le relai à Sebastien
Mais tout de même, je me dis que le podium, c’est déjà pas mal
Et des continental GP 4000 – j’avais tout de même joué la fiabilité...
Le reste de mes relaisj’ai surtout joué la sécurité pour éviter d’autres incidents.
Lorsque le meilleur élément de l’équipe classé 2 est sorti pour laisser la place à un de ses collègues, j’en ai profité pour attaquer à mon tour, mais la course était verrouillée et terminée.

Soulagé d’avoir tenu le coup – d’avoir finalement assuré face à des adversaires aguerris, le Podium de l’INSA nous attendait, nous ne nous y attendions pas vraimentNous étions tous très satisfaits.

En résumé, nous sommes partis en éclaireurs sur cette épreuve pour vous donner l’envie d’y participer.
Nous pourrions avoir 1 ou 2 concurrents en solos qui pourraient très bien figurer je pense
Une, deux ou 3 équipes de trois en relai compétition et une équipe loisirs (de 4 à 8 je crois ou le plaisir de rouler pourrait être là sans la pression du résultat).
Ceci avec la réalisation d’un camp de base beaucoup plus conséquent, organisé et animé.
Annoncez-vous – c’est dans un an…
Merci encore à mes 2 équipiers pour leur sérieux leur performance, leur détermination – de m’avoir suivi dans ma proposition.
Merci pour les visites, les encouragements et les félicitations.
Merci à Manissieux pour nous donner de belles conditions d’entrainement et l’accès à des personnes permettant de pratiquer le cyclisme dans de bonnes conditions voir même à des épreuves exceptionnelles.
Ainsi nous faisons le lien entre notre cyclisme ordinaire de tous les jours et des coureurs participant à des épreuves extrêmes que nous avons côtoyées de près tout au long du weekend.


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Vous êtes fana de l'ultra distance, alors venez rouler avec notre Président Dominique Briand. Après avoir fait le Raid Extrême Provence, le Glockner Man en Autriche, La Furnace Creek, il vient de terminer la RAAM, la course la plus dure au Monde c'est à dire 4681 km en 11 jours, 9 heures et 24 minutes.

Blog : http://crazygone.canalblog.com

PETIT COMPTE RENDU DE DOMINIQUE

Même si je n'ai pas atteint mon objectif qui était de finir la RAAM en 10 jours je suis très content de l'avoir terminée.
Des 3 Français présents au départ je suis le seul à l'arrivée. Je remporte ma catégorie d'âge et établis le meilleur temps français en 11 jours 9 heures 24 minutes.
Mon assistance composée de 10 personnes a été formidable et je lui dois beaucoup dans le succès de mon entreprise.
Cette année, la chaleur a été particulièrement présente ce qui m'a occasionné de douleureuses brûlures aux pieds. Celles-ci ont été combattues par de fréquents bains de pieds dans de la glace. Les irritations à la selle ont aussi été dures à gérer. Mais le plus insupportable a été le manque de sommeil. Je dormais chaque nuit 3 heures avec bien souvent des petits cycles de 20 minutes dans la voiture suiveuse. Plusieurs fois, je me suis endormi sur mon vélo et une fois je me suis réveillé juste à temps pour éviter la glissière de sécurité. J'ai aussi évité la catastrophe lorsque dans une descente alors que je roulais à 60 km/h, mon vélo s'est mis à guidonner. Heureusement, avec un peu de sang froid, j'ai réussi à rétablir la situation.
Régulièrement, pendant le repas du soir, les membres de mon assistance me lisaient les messages d'encouragement qui étaient postés sur mon blog. Cela me faisait un bien fou et contribuait à renforcer ma détermination.
J'ai découvert de merveilleux paysages : l'impressionnant canyon du Rio Grande, Monument Valley dans l'Utha et dans les Rocheuses, la vallée de la Red River qui conduit à une charmante station de ski composée uniquement de chalets en bois et qui débouche sur le col du Bobcat qui culmine à 3260 mètres.
Même dans les pires moments, je n'ai jamais douté que je serai à l'arrivée.
J'ai un regret : c'est de n'être pas arrivé le dimanche matin, ce qui aurait permis à mon assistance d'être là, au complet ; car à part quelques personnes de l'organisation, il n'y avait pas âme qui vive pour me voir arriver.





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